L’intelligence artificielle, une chance pour ceux qui savent écouter leur intuition – Article paru dans ATLANTICO
Au travers d’événements comme la victoire de « Deeper Blue », super-ordinateur, développé par IBM ayant gagné en 1996 contre le champion du monde d’échecs Garry Kasparov, ou celle d’Alpha GO en 2016 ayant battu Lee Sedol, grand maître sud-coréen du jeu de go, nous constatons que l’intelligence artificielle (IA), par certains aspects, peut être plus puissante que cette forme de l’intelligence humaine.

Depuis trente ans, des milliards d’euros sont investis dans cette évolution technicienne – selon la vision de Jacques Ellul6 – et sont désormais utilisés dans des domaines encore insoupçonnables il y a peu. Par exemple, il était difficile d’imaginer il y a seulement quelques années que la machine pourrait être associée quotidiennement à un médecin pour diagnostiquer plus vite et avec plus de fiabilité certaines maladies (Programme Watson/IBM). Certes, les algorithmes de l’IA produisent des analyses ultra-rapides, mais c’est l’intelligence humaine qui en dernier ressort fait les choix pour le patient et définit les critères pour évaluer les actions de diagnostic et de traitement. Dans ce domaine, nous n’allons pas nous en plaindre, l’IA va libérer du temps pour que les médecins travaillent mieux sur les cas les plus complexes et améliorent la relation humaine. Par ailleurs si cela évite certaines erreurs, dues à la fatigue ou à la méconnaissance, ou si cela permet aux patients de bénéficier plus vite de traitements adaptés, alors tout le monde est gagnant.
Mais l’intelligence artificielle, c’est aussi tout l’arsenal de « ciblage » de nos modes de vie (santé, loisirs, orientations spirituelles, déplacements, opinions…) et de consommation (loisirs, déplacements, achats…) à propos desquels certains cabinets d’études avancent qu’elle pourrait aboutir à la suppression ou l’évolution de plus de 300 millions d’emplois d’ici à quinze ans. Il va être impossible de modifier ce courant. Nos enfants sont nés avec un smartphone et/ou un portable à la main, ce sont eux qui vont continuer à promouvoir ce mouvement comme ils le font déjà via les réseaux en ligne et leurs façons de vivre « branchés » en permanence.

C’est pour répondre à ces enjeux que Stéphane Trébucq, professeur des universités, titulaire de la chaire « Capital humain et performance globale » à l’université7 de Bordeaux, propose son analyse en indiquant : « L’intelligence artificielle et ses effets annoncés en termes de destruction d’emplois soulève désormais de nouveaux défis. » On a constaté que, pour se différencier et créer de la valeur au sein du système économique, il faut s’intéresser à une dimension immatérielle : le capital humain. Stéphane Trébucq précise que, dans la notion de capital humain, il ne faut pas entendre gestion des ressources humaines ou masse salariale mais la ressource à mieux accompagner, à manager, à être plus créatif, à innover pour créer des valeurs financières, sociales et écologiques. C’est par l’aptitude d’une organisation, et des hommes qui la composent, à dialoguer avec l’extérieur, à aller chercher l’information et la connaissance disponible, à s’adapter grâce aux nouvelles technologies, à avoir une meilleure stratégie, à attirer les meilleures compétences, à permettre à ses salariés de développer leurs capacités relationnelles qu’elle sera plus performante.

C’est une perspective plus réjouissante que le renoncement ou l’abattement ! Comme les entreprises, chacun d’entre nous est appelé à s’adapter à ces réalités et il y a des moyens d’y arriver en nous réorientant dans nos parcours de vie. Comme nous l’avons vu pour l’exemple médical, il reste aux êtres humains comme avantage la capacité de se servir de leurs expériences et expertises mais aussi de pouvoir utiliser deux aptitudes que n’a pas encore (!) l’ordinateur, à savoir l’intelligence émotionnelle et l’intuition. Grâce à cela, chacun va être en mesure de « prendre sa place » au sein de la vie économique et sociétale qui se dessine.

Face à ce constat, nous pouvons légitiment nous poser la question suivante : la machine peut-elle devenir cement ou l’abattement ! Comme les entreprises, chacun d’entre nous est appelé à s’adapter à ces réalités et il y a des moyens d’y arriver en nous réorientant dans nos parcours de vie. Comme nous l’avons vu pour l’exemple médical, il reste aux êtres humains comme avantage la capacité de se servir de leurs expériences et expertises mais aussi de pouvoir utiliser deux aptitudes que n’a pas encore (!) l’ordinateur, à savoir l’intelligence émotionnelle et l’intuition. Grâce à cela, chacun va être en mesure de « prendre sa place » au sein de la vie économique et sociétale qui se dessine.

Face à ce constat, nous pouvons légitiment nous poser la question suivante : la machine peut-elle devenir intuitive ? D’ailleurs, le grand maître Lee Sedol, après sa défaite, avait déclaré : « J’ai le sentiment qu’Alpha Go peut, dans une certaine mesure, imiter l’intuition humaine. » Le chercheur Sébastien Konieczny, chargé de recherche au CNRS en informatique, répond : « Parler d’intuition pour une machine est trompeur. Un ordinateur ne comprend pas qu’il joue au go, ne fait pas preuve d’intuition. Il se contente d’analyser la situation en fonction des nombreuses parties qu’il connaît, d’utiliser sa capacité de calcul et d’agir en fonction des statistiques. La machine n’a pas d’intuition, elle calcule. »

Cet extrait est tiré de “L’intuition, et si on l’écoutait vraiment ?” de Lydie et Bernard Castells, publié chez Eyrolles.

Magnifique article, écrit par Soline Delos, paru dans le Magazine ELLE, fin novembre 2018 à propos de notre livre sur l’intuition. Elle résume les huit clés pour nous permettre de mieux écouter notre intuition :

  • méditer des phrases des grands penseurs
  • identifier les caractéristiques de l’intuition
  • être attentif aux ressentis physiques
  • s’entrainer à la reconnaitre
  • dédramatiser l’échec
  • pratiquer des activités pour lâcher le mental
  • faire le vide dans sa tête
  • arrêter d’être dans le contrôle

 

Suivez votre intuition

Mystérieuse et implacable, elle se révèle un guide hors pair, comme l’expliquent dans leur livre Lydie et Bernard Castells. Ils nous livrent huit clés pour s’y connecter – par Soline Delos

Méditer des phrases de grands penseurs

Albert Einstein a dit : « La seule chose qui vaille ou monde, c’est l’intuition.» Et le génial Victor Hugo a écrit:« C’est parce que l’intuition est surhumaine qu’il faut la croire; c’est parce qu’elle est mystérieuse qu’il faut l’écouter; c’est parce qu’elle semble obscure qu’elle est lumineuse. » En effet, cette dernière ne peut se faire entendre que si on n’a absolument aucun doute sur sa fiabilité et son utilité. Y croire, c’est la voir !

Identifier ses caractéristiques

L’intuition arrive toujours en premier dans nos pensées avant les avis, les préjugés, les raisonnements. Elle est fulgurante et repart aussitôt qu’elle est arrivée, tel un éclair de conscience. Elle n’est accompagnée d’aucune émotion, ni peur ni joie extrême. Enfin, il est impossible de l’expliquer, ni de la justifier, ni d’apporter aucune preuve de sa pertinence. L’intuition se contente d’exister.

Être attentif au ressenti physique

Contrairement à ce qu’on peut croire, l’intuition peut aussi s’exprimer par le corps. A l’occasion d’une rencontre, d’une nouvelle, d’une expérience, des frissons, une impression fugace de plénitude ou une sensation désagréable au niveau du plexus, peuvent traduire une information qui nous dit « go »ou «stop». C’est ce qu’on appelle le « gut feeling » dans le monde anglosaxon, les tripes.

S’entraîner à la reconnaître

A chaque fois que vous êtes en présence d’une nouvelle situation professionnelle ou sentimentale, prenez note de la sensation qui vous traverse l’esprit, et classez-la dons l’une ou l’autre de ces colonnes : intuition, émotion, préjugé, envie. C’est ainsi que, petit à petit, on apprend à l’identifier, à la distinguer des perceptions provenant de nos émotions et de notre intellect. Et c’est en gagnant en discernement qu’on lui laisse plus de place.

Dédramatiser l’échec

Le fait de craindre de se tromper bloque l’accès à cette petite voix. Pour prévenir ces angoisses, on liste les échecs rencontrés lors d’un examen, au cours d’une mission professionnelle… et, puisque tout ce qui ne tue pas renforce, on y accole les prises de conscience positives qu’ils ont entraînées.

Pratiquer des activités pour lâcher le mental

Cela peut être des ateliers créatifs (écriture, sculpture, peinture, etc.), par exemple, où l’on se laisse d’abord guider par l’imaginaire. Et, dans tous les cas, il est important d’arrêter d’être multitâche, car si l’on téléphone en même temps que l’on regarde la télévision ou que l’on répond à une question, il y a peu de chances que l’esprit, sur-occupé, puisse capter un quelconque signal faible.

Faire le vide dans sa tête

L’idéal est de pratiquer quelques minutes de méditation chaque jour. Cela permet de se reconnecter à soi, d’être dans l’ici et maintenant, de ne pas rester bloqué dons ses émotions – déceptions, frustrations, tristesse, colère … -, et surtout de créer un vide, nécessaire pour que s’y engouffre la fulgurance.

Arrêter d’être dans le contrôle

Vouloir tout décoder, maîtriser, se focaliser sur le résultat… autant d’erreurs ! il est nécessaire d’accepter l’idée que notre mental n’a pas toutes les solutions. Quand on bute sur une problématique, faire une pause, aller marcher, se préparer un thé, c’est le meilleur moyen pour que survienne l’« eurêka » !

À lire : « L’intuition, et si on l’écoutait vraiment » de Lydie et Bernard Castells (éd. Eyrolles).